L'Aiguille du Belvédère : Pour avoir trop rêvé 🏔️ Deux copains pyrénéens qui se retrouvent loin de leurs montagnes, au cœur des Alpes, pour une belle aventure faite de grimpe, d’amitié et de rencontres !
*Une belle manière de terminer la saison !*
Fin de saison à Chamonix, et quoi de mieux pour terminer l'été qu'une belle aventure en montagne avec mon copain Yann !
Yann, c'est un ami Pyrénéens que j'affectionne particulièrement. On a partagé pas mal de belles aventures en montagne ensemble, et se retrouver tous les deux à Chamonix, avec l'occasion de repartir grimper, c'était déjà un vrai bonheur.
Notre objectif du jour : l'Aiguille du Belvédère, avec l'envie de parcourir la voie Le Mariage de la Terre et du Vent.
Une belle journée de grimpe en perspective, du beau caillou et surtout le plaisir de reformer notre cordée !
*Une approche qui donne déjà le ton !*
Départ aux premières bennes du matin !
On prend la télécabine de la Flégère, puis le télésiège de l'Index, histoire de gagner un peu de hauteur et de s'économiser une bonne partie de la marche d'approche.
Malgré l'heure matinale, il y a déjà pas mal de monde. Mais tout le monde n'est pas venu pour grimper ! On croise notamment de nombreux parapentistes, eux aussi prêts à profiter de cette belle journée en montagne.
Chacun son terrain de jeu !
De notre côté, sacs sur le dos, on prend la direction du sentier du lac Blanc avant de bifurquer dans la combe qui mène vers la Tour des Crochues.
On vise alors le couloir situé à droite de la tour. D'abord un pierrier avec une vague sente, puis on s'engage dans le couloir, où quelques passages exposés nous rappellent qu'on est déjà en terrain montagne.
Une fois en haut, on traverse une succession de petits plateaux en ascendance vers la gauche, jusqu'à dominer la combe du lac Blanc.
On poursuit ensuite notre cheminement à flanc sur la gauche de la combe, en direction du pied de la face.
Et parce qu'une approche en montagne réserve toujours son lot de petites surprises, il nous reste encore un névé à traverser !
Quelques pas sur la neige, deux ou trois petites glissades et de quoi rigoler avant même d'avoir touché le rocher.
Une belle manière de se mettre dans l'ambiance !

*Un changement de programme plutôt bienvenu !*
Arrivés au pied de la face, petite surprise !
Une cordée de trois grimpeurs s'apprête justement à partir dans la voie que nous avions prévue.
Plutôt que de passer notre journée à attendre derrière eux, on décide de regarder les autres possibilités.
Et notre choix se porte finalement sur une voie un peu plus exigeante, au nom plutôt évocateur : Pour avoir trop rêvé.
Finalement, ce changement de programme va nous offrir une magnifique ascension !

Dès les premières longueurs, on découvre un rocher d'excellente qualité, avec un itinéraire qui vient naturellement suivre les lignes de faiblesse de la paroi.
Du beau caillou, des mouvements variés et cette sensation que j'aime tant en escalade : se laisser guider par les formes que la nature a dessinées.
*Du beau caillou, des longueurs mémorables et de belles rencontres !*
Tout au long de notre ascension, on évolue à proximité de la cordée de trois rencontrée au pied de la face.
On se suit au fil des longueurs, chacun dans son itinéraire, avec régulièrement l'occasion d'échanger quelques mots et de partager de bons moments.
C'est aussi quelque chose que j'adore en montagne : ces rencontres spontanées avec des personnes qui partagent la même passion.
On ne se connaît pas, mais quelques échanges au milieu d'une paroi suffisent parfois à créer une belle convivialité.
Parmi toutes ces belles longueurs, deux m'ont particulièrement marqué.
La première, c'est la L6, cotée 7a.
Un mur légèrement déversant, des petites prises et une multitude de possibilités pour trouver son chemin.
Une longueur assez courte, mais qui demande de s'engager dans ses mouvements, de faire confiance à ses pieds et surtout d'oser avancer !
Ce que j'ai particulièrement aimé, c'est cette liberté de lecture. On peut passer un peu partout, à condition de prendre le temps de comprendre le rocher et de trouver ses placements.
De magnifiques réglettes, des petits pieds et toutes ces prises que la nature semble avoir disposées juste pour notre plaisir.
L8 : une traversée dessinée par la nature !
Et puis arrive la L8, une traversée absolument magnifique !
On se laisse guider par une fine rampe naturelle qui semble avoir été dessinée spécialement pour nos pieds.
Elle traverse la paroi et nous invite à progresser tout en finesse, en jouant avec l'équilibre et les placements.
Une longueur pleine d'élégance, où le rocher nous montre presque naturellement le chemin.
Et pour terminer en beauté, un petit pas de désescalade bien coquin pour rejoindre le relais !
De quoi garder le sourire jusqu'au dernier mouvement.
C'est aussi ça que j'aime dans l'escalade en montagne : ces lignes naturelles, parfois improbables, qui nous permettent de voyager au milieu d'une immense paroi.

*🥝 Kiwi prend son envol !*
Après cette magnifique ascension, place à la descente en rappel !
Et c'est là qu'une petite mésaventure vient pimenter notre journée...
Pour rendre mes rappels plus confortables, je décide d'accrocher mon sac de hissage à mon baudrier à l'aide d'une dégaine rallongeable.
Sauf qu'au moment où le sac se met en tension, la sangle twister vient appuyer sur le doigt du mousqueton et provoquer son ouverture.
Et là...
Le sac prend son envol !
« OH MERDE !!! »
On se met à crier fort, sans vraiment savoir quoi annoncer !
« CAILLOU !... SAC !... »
Parce que franchement, quand on voit son sac partir pour 150 mètres de chute, on ne sait plus trop ce qu'il faut crier !
Notre pauvre sac termine son voyage sous la grande vire située en contrebas.
Heureusement, personne ne se trouvait sur sa trajectoire. La seule victime de cette aventure, c'est Kiwi !
Finalement, on aurait presque pu se croire au Yosemite, où certains grimpeurs larguent parfois leurs sacs depuis les grandes parois. Sauf que nous, ce n'était absolument pas prévu au programme !
Depuis ce jour, mon sac de hissage porte un nouveau surnom : Kiwi. 🥝
Un petit clin d'œil à cette fameuse phrase lancée avant un saut en BASE : « Un, deux, trois, j'adore le kiwi ! »
Mais l'histoire ne s'arrête pas là !
À l'intérieur du sac, une gourde et une bouteille d'eau n'ont malheureusement pas survécu à l'atterrissage.
Résultat : toutes nos doudounes et nos affaires pour nous tenir au chaud sont complètement trempées !
Et parmi les victimes de ce petit accident, il y a aussi les fameux bonbons de Yann.
Parce que Yann, il a toujours des bonbons en montagne !
C'est son petit plaisir, sa tradition, sa manière à lui d'ajouter une touche de douceur à nos aventures.
Cette fois-ci, les bonbons ont pris un sacré bain !
Mais après une aussi belle journée de grimpe, même complètement trempés, ils avaient toujours aussi bon goût !
Comme quoi, le bonheur en montagne tient parfois à peu de chose : du beau rocher, un bon copain et quelques bonbons détrempés !
Une anecdote qui nous fera certainement sourire encore longtemps, mais qui rappelle aussi qu'en montagne, une petite erreur de manipulation peut avoir de grosses conséquences.
*Le retour, direction le lac Blanc !*
Pour la descente, on décide de changer un peu notre itinéraire et de rejoindre directement le lac Blanc.
L'idée est simple : éviter de remonter jusqu'au télésiège de l'Index et rejoindre directement la télécabine de la Flégère.
Une manière de terminer cette belle journée en montagne sans rajouter une remontée supplémentaire à nos jambes déjà bien sollicitées !
*🍻 Et parce qu'une belle journée se termine aussi autour d'un verre !*
Une fois redescendus et les remontées mécaniques derrière nous, on retrouve les trois grimpeurs avec qui nous avons partagé une bonne partie de notre ascension.
Et quoi de mieux pour terminer cette journée que de boire un verre tous ensemble ?
L'occasion de prolonger les échanges commencés au milieu de la paroi, de parler de nos vies, de nos aventures respectives, des voies que nous avons parcourues et de ce secteur que nous connaissions finalement assez peu.
C'est aussi pour ces moments-là que j'aime autant la montagne.
On part pour une ascension, on revient avec des souvenirs, quelques anecdotes improbables et parfois même de nouvelles rencontres.
Et au fond, c'est peut-être ça le plus beau dans toutes ces aventures : les sommets et les voies nous attirent, mais ce sont souvent les moments partagés qui restent le plus longtemps.
Une magnifique journée avec Yann, du beau caillou, de belles rencontres et un sac désormais baptisé Kiwi !
Finalement, pour avoir trop rêvé... on aura surtout bien profité ! 🏔️

